Je suis Shingo Vol.1

Quelques mots sur le mangaka..

Kazuo Umezu, né en 1936, démarre sa carrière de mangaka dans les années 50 à 19 ans. Connu au départ comme un pionnier de la comédie romantique, il est aujourd’hui considéré comme le premier maitre voire le créateur du manga d’horreur. Il a commencé à transmettre ses histoires terrifiantes dans un magazine pour écolières, le Shojo Friend, avant de se voir publier dans des dizaines d’autres magazines différents, guidé par son succès. En France, ses titres les plus connus ne sont autres que Baptism et l’école emportée.

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Ses titres majeurs ne sont pas portés sur de la grosse violence gratuite mais reposent plutôt particulièrement sur une analyse impitoyable de relations enfants-adultes et de l’incapacité de ces derniers à s’adapter aux chocs que peut leur réserver la vie. L’auteur met en valeur des protagonistes « enfants ».

Aussi chanteur de rock et compositeur de variété, dynamique et original n’hésitant pas à se déchainer sur scène, arborant ses célèbres vêtements rayés rouges et blancs , Kazuo Umezu est plus qu’un simple mangaka. Il s’agit d’un personnage public hautement apprécié par ses compatriotes. Si aujourd’hui il ne peut presque plus dessiner à cause de ses mains abimées par l’âge, rien ne l’empêche de se déchainer durant des concerts !

Je suis Shingo, écrit juste après Baptism en 1982, se centre sur une thématique S-F qui risque probablement de dégénérer pour se recentrer vers de l’horreur par la suite, à voire dans les prochains volumes.

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« Mes histoires vous demandent de mettre votre incrédulité au placard pour retrouver un regard d’enfant. Les adultes sont trop prompts à déceler l’illogisme, tandis que les enfants ont une façon bien à eux de croire en leurs hypothèses et de vivre avec. Si vous faites ça en tant qu’adulte, on vous prend pour un fou ! »

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Je suis Shingo, de quoi ça parle ?

Satoru est le cancre de sa classe primaire, son imprévisibilité et sa forte personnalité le rendent étrange aux yeux des autres. Un jour, son père rentre du travail et annonce qu’un robot débarque dans son usine ; une nouvelle qui va totalement captiver et passionner le jeune garçon. Ce dernier, aidé par sa nouvelle fidèle « amie », va apprendre de nouvelles connaissances et compétences au robot : l’alphabet, la capacité à calculer, à résoudre des puzzles… Mais jusqu’où cet apprentissage pourra-t-il aller ?

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Mon avis…

En ce qui concerne le coup de crayon, on a affaire à du « old school » forcément (1982), ça plait ou ça ne plait pas. Personnellement, j’adore. Même si l’expression des mouvements n’est pas toujours très réussie, Kazuo Umezu se rattrape avec une mise en scène à couper le souffle, cela à travers de magnifiques découpages composés de nombreux plans, de différents angles et points de vue.

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On remarque un encrage très prononcé avec des planches souvent très sombres ; ce qui donne un côté angoissant et oppressant au titre. Celui-ci comporte également une vingtaine de pages en couleurs visuellement très agréables, certaines 100% colorisées d’autres appuyées par une seule et unique couleur de contraste : un détail fort appréciable.

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On retrouve également quelques fantasies comme certaines planches pixelisées représentant la vision du robot ainsi que l’omniprésence des couleurs flashyes des couvertures, toujours les mêmes teintes, du premier au sixième volume.

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Dans ce premier tome, de nombreuses thématiques intéressantes sont abordées dont le traitement des enfants différents en milieu scolaire, l’évolution de la technologie qui remplace peu à peu les hommes dans l’industrie du travail, les limites de l’intelligence artificielle…

L’intrigue en elle-même est intéressante même si, à ce stade, on ne sait pas encore vraiment vers où l’auteur veut nous mener. Le décor se plante, les événements se succèdent calmement… La voix off du robot qui parle de ceux-ci au passé se révèle par contre très intriguante et nous tient en haleine, nous faisant comprendre que l’intelligence artificielle de la machine évoluera diamétralement dans la suite du récit. L’évolution du lien très puissant qui unit Satoru et sa complice, Marine, est également très intéressante à suivre.

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D’ailleurs, Satoru est un protagoniste attachant et original qui sort radicalement des stéréotypes grâce à son côté passionné, dynamique et surtout imprévisible… Je n’en connais pas beaucoup, des personnages principaux qui s’amusent à se dessiner des balafres sur le corps, qui tirent les cheveux de ses camarades sans raison, etc.

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Conclusion…

Le premier tome de Je suis Shingo réussit son objectif à merveilles : il intrigue le lecteur. J’ai personnellement hâte de lire la suite et de découvrir jusqu’où ces apprentissages robotiques peuvent aller. Impatiente de voir où le maitre du manga d’horreur va nous emmener. Le dernier volume de la série sort en novembre, publié par Le Lézard Noir. C’est peut-être l’occasion idéale de se procurer la série intégrale dans le cas où le titre vous plairait.

Je referai en tout cas le point sur la série une fois que je l’aurai lue dans son intégralité. J’espère vous avoir intrigués ou intéressés, merci d’avoir lu ce petit article.

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