L’école emportée

Après avoir été captivée par Baptism, je me suis empressée de lire L’école emportée. Les 6 volumes en une journée…

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De quoi ça parle ?

Ce matin-là, Sho, un « mauvais » élève de CM2, se dispute violemment et méchamment avec sa maman avant d’aller à l’école. S’il avait su que juste après cela, ils se retrouveraient, lui, ses camarades et les bâtiments de son école, transportés dans un monde inconnu aux allures plus qu’hostiles…

Mon avis…

Nous avons ici affaire à un seinen de 1972 mélangeant S-F et Horreur. En 6 volumes, nous suivons les aventures aussi dynamiques qu’effrayantes de Sho et de ses camarades d’école. En effet, des centaines d’enfants âgés de 4 à 11 ans ainsi que leurs professeurs se retrouvent livrés à eux-mêmes dans un monde dont ils ne connaissent rien et où ils seront très vite confrontés à de nombreux problèmes.

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Ceux-ci s’enchaineront d’ailleurs très rapidement, un problème résolu en entrainant un nouveau ; de quoi nous offrir un rythme soutenu grâce auquel le lecteur n’aura pas le temps de s’ennuyer. Une fois le premier tome entamé, plus d’alternatives possibles, lire la série entière deviendra une nécessité. L’intrigue est tellement prenante qu’il est difficile de s’arrêter en cours de lecture. L’évolution des personnages, la découverte de ce nouveau milieu, les révélations et les nombreux retournements de situations font de ce manga une œuvre captivante.

Les divers problèmes rencontrés proviendront de sources très variées, il apparaitra donc rapidement que le danger se cache partout… À travers cette œuvre, Kazuo Umezu explore la psychologie humaine à toutes les sauces les plus sombres, nous présentant l’homme sous sa plus immonde facette, nous dépeignant une humanité poussée dans ses derniers retranchements, une humanité qui laisse la raison de côté, dirigée par la peur de souffrir, de mourir… De nombreux personnages seront amenés à commettre des actes immoraux dans l’unique but de survivre, parfois au détriment des autres.

De nombreuses scènes très violentes et choquantes seront du coup au rendez-vous, le fait que ces mésaventures tragiques voire gores se déroulent dans une communauté presque essentiellement composée d’enfants intensifiera encore davantage la violence du titre. Plusieurs passages ne manqueront pas de vous marquer.

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Cependant, l’humanité n’est pas totalement perdue. Même si les adultes se retrouveront rapidement sur le carreau, perdus dans une irrationalité qu’ils ne parviennent pas à accepter, certains groupes d’enfants sauront se montrer bienveillants, s’entraider, s’organiser, s’aimer, partager… De quoi mettre du baume au cœur dans ce monde où rien ne semble aller.

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Le courage des enfants est admirable. Plusieurs fois, ils craqueront à raison face à la mort et à la souffrance omniprésente voire en pensant tout simplement à leurs parents qu’ils ne reverront peut-être jamais. Le héros tient d’ailleurs un journal intime à travers lequel il s’adresse à sa mère qu’il désespère de retrouver, se sentant qui plus est coupable de leurs derniers échanges désagréables. La tristesse, l’amour, la loyauté, le désespoir, la détermination, la combativité, l’ingéniosité, la folie… Tant d’émotions et d’attraits ressentis au cours de cette lecture.

Nous continuerons de suivre également les familles, notamment celle de Sho, qui se retrouvent forcées à vivre avec la perte de leurs enfants. La mère du héros refusera catégoriquement d’accepter la mort de son fils que les médias semblent présenter comme une évidence et se montrera prête à tout pour le retrouver, quitte à passer pour une folle aux yeux de la société. Le lien très puissant qui unit cette mère et son fils sera d’ailleurs mis en évidence au sein du récit, ceci dans une certaine mesure.

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Même si une ou deux incohérences et facilités scénaristiques sont à déplorer tout au long de l’intrigue, Kazuo Umezu arrive à captiver son lecteur du début à la fin, cette dernière se révélant d’ailleurs plutôt excellente, à la fois ouverte et judicieuse pour clôturer en beauté son récit contrairement à Baptism qui offrait une issue bancale et précipitée.

Du côté de l’édition, il s’agit à nouveau d’un format de poche de la collection Bunko de Glénat, c’est-à-dire un prix avantageux pour des dessins assez petits. Sinon, j’ai remarqué que Glénat n’était pas très copain avec la conjugaison puisque plusieurs fautes m’ont sauté aux yeux déjà dans Baptism mais aussi dans l’école emportée, des fautes du style : « Je te demanderait… » Plutôt moyen pour un travail de professionnels…

Les couvertures, quant à elles, se montrent assez psychédéliques, arborant des couleurs vives et joyeuses qu’on pourrait facilement associer à un monde enfantin tout en entremêlant de nombreux éléments de manières chaotiques et parfois difficiles à dissocier qui illustrent totalement la situation vécue par les protagonistes, un choix judicieux et pertinent.

Conclusion…

L’école emportée en vaut le coup, c’est prenant, c’est angoissant, c’est émouvant, c’est psychologique, c’est rythmé, les rebondissements sont intéressants, les personnages sont réalistes et humains (dans le bon sens comme dans le mauvais). Déjà âgée de 47 ans, cette histoire reste malgré cela intemporelle, elle aurait très bien pu être écrite à l’identique aujourd’hui même si les dessins peuvent sembler vieillots pour certains (vénérez votre patrimoine  ). Bref, un chef-d’œuvre pour toutes ces raisons selon moi.

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