Le Tigre des Neiges Vol. 1

A défaut d’utiliser une machine à remonter le temps, Akiko Higashimura choisit sa plume pour explorer et vérifier une théorie historique. Rendez-vous en 1529…

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Quelques mots sur la mangaka…

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Akiko Higashimura débute sa carrière en 1999, se spécialisant particulièrement dans le shojo/seinen (josei). Si, au Japon, elle possède un catalogue plutôt fourni, dans nos contrées, nous n’avons malheureusement accès qu’à un seul autre titre de la mangaka : « Princess Jellyfish », un josei édité par Delcourt, terminé en 17 tomes.

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Plusieurs des titres d’Akiko ont l’occasion d’être nominés aux Manga Taisho Awards et « Princess Jellyfish » obtient le Polymanga Awards Shojo 2012.

Akiko Higashimura est plutôt active dans le métier, travaillant sur plusieurs séries en parallèle. Elle apparait souvent à la télévision et a également été choisie par Naoki Urasawa pour être la première des invités de sa série d’émissions consacrées aux mangakas célèbres.

Le Tigre des Neiges, de quoi ça parle ?

Kenshin Uesugi alias le « Tigre d’Echigo » est un célèbre et puissant stratège et seigneur de guerre ayant vécu au japon au XVIe siècle durant l’époque Sengoku. Cependant, une intrigante théorie existe à son sujet… Et si ce grand maitre martial était en réalité une femme ? Une hypothèse réelle et fondée que va explorer la mangaka dans sa série.

Tout commence en 1529, la femme de Tamekage Nagao, seigneur du château de Kasugayama, donne naissance à son troisième enfant, prédit comme étant la réincarnation du dieu de la guerre, Bishamonten. Au grand désespoir du seigneur, le nourrisson s’avère être une fille. Ne pouvant compter sur son fils ainé de trop faible constitution pour prendre correctement sa relève, Tamekage Nagao décide d’élever la cadette de la famille comme un garçon et la nomme Torachiyo. C’est ainsi que s’enclenche le grand destin de cette dernière.

Mon avis…

Du côté de l’édition, Le Lézard Noir nous propose un format plus grand que la moyenne avec un papier épais de bonne qualité et quelques pages couleurs. Un fort contraste masculin/féminin est à observer sur la couverture ; et ce jusqu’aux typos utilisées par la maison d’édition qui marie une police imposante et sobre pour le titre avec une police plutôt féminine pour le nom de la mangaka : un contraste en parfait accord avec le contenu de l’oeuvre.

En ce qui concerne le coup de crayon, la mangaka nous offre un trait fin, doux et léger. Son style est plutôt épuré mais de nombreux détails sont tout de même visibles, notamment dans les paysages et vêtements d’antan, nous immergeant ainsi totalement dans l’époque Sengoku.

L’intrigue nous amène à suivre l’évolution de Torachiyo, destinée à devenir l’un des plus grand maitres de la guerre de son époque. Dans ce premier volume, nous découvrons d’abord son enfance. Elle est présentée comme une enfant turbulente et bagarreuse, un vrai garçon manqué qui nous fera sourire et auquel il sera très aisé de s’attacher. Désobéissante et particulièrement difficile à canaliser, elle suivra un entrainement difficile dans un temple où le lecteur sera témoin de toute sa détresse en dehors de son confortable château.

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De nombreux moments émouvants sont à compter avec une évolution de la sensibilité de Torachiyo, des prises de consciences vis-à-vis de sa condition et de ses responsabilités, des moments de complicité dans la fratrie, des rencontres et liens puissants qui se mettent en place…

Les différents personnages s’avèrent très attachants, en particulier les membres de la fratrie de Torachiyo : sa grande sœur, douce et bienveillante, qui n’a pas pu partager ses passions comme elle l’aurait voulu avec sa petite sœur ; son grand frère, poétique et calme, qui est obligé par son père à faire la guerre alors qu’il préfère le domaine des arts… Sans parler des servantes qui se préoccupent énormément des trois enfants jusqu’à parfois désobéir au seigneur du château pour eux, la maman souvent surprise par sa petite dernière… De nombreux personnages historiques prometteurs sont également aperçus et présentés dans ce premier volume. L’oeuvre nous offre donc une belle palette de personnages à découvrir, à aimer, à soutenir !

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La mangaka parvient à nous entrainer avec facilité dans les mœurs et coutumes de l’époque, dans son univers historique. Akiko se manifeste d’ailleurs plusieurs fois pendant le volume pour expliquer quelques faits historiques et autres preuves réelles du vrai genre de Torachiyo. Non seulement son raisonnement tient la route avec des preuves solides mais en plus, elle propose deux chemins de lecture différents lors de ses explications historiques : les planches coupées horizontalement proposent une approche illustrée et très sérieuse pour les passionnés d’histoire dans la partie du haut contre une autre plus ludique dans celle du bas où, à travers un avatar à son effigie, la mangaka explique les faits de manière plus simplifiée et décontractée. Une très bonne idée pour toucher un maximum de lecteurs différents !

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On ressent l’ampleur du travail de recherches derrière le manga, ce qui augmente d’autant plus l’intérêt de celui-ci.

Conclusion…

Le Tigre des Neiges est un manga émouvant et enrichissant centré sur un personnage à mi-chemin entre une Mulan et une Princesse Saphir, une femme forte qui donne envie d’être suivie. En dehors d’être une histoire passionnante et fédératrice, le manga redouble d’intérêt grâce à un facteur historique non négligeable. Je conseille le titre à tous les férus d’histoire ainsi qu’à tous les amoureux de beaux récits.

4 volumes sont pour l’instant disponibles en librairie, la série est toujours en cours au Japon et compte actuellement 8 tomes.

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