Asadora! Vol.1

« Il faut continuer !

Tous ces gens ont besoin de nous ! »

Naoki Urasawa, après avoir brillé au sein de nombreux mangas à suspense, revient vers nous avec une toute nouvelle oeuvre qui promet bien des merveilles !

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Quelques mots sur le mangaka…

Né en 1960, Naoki Urasawa est un mangaka plutôt populaire dans nos contrées. S’essayant à plusieurs genres comme la comédie (Happy), la S-F (20th Century Boys) et le thriller (Monster) ; il parvient toujours à insuffler une âme à ses œuvres et, surtout, à ses personnages. La psychologie de ses protagonistes ne semble plus avoir de secrets pour lui, leurs traitements et développements se dévoilant souvent de manière bluffante. Naoki Urasawa n’a également pas à rougir quant à ses hautes qualités de narrateur et dessinateur, possédant un don déconcertant pour la narration et un coup de crayon charismatique reconnaissable entre mille.

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Le talentueux mangaka a d’ailleurs remporté de très nombreux prix pour plusieurs de ses séries, qui ont, pour la plupart, été adaptées en format télévisé. Aujourd’hui, il travaille sur sa dernière série en date : Asadora! Un anime pour sa série Pluto serait également en préparation au japon. En France, les éditions Kana ont annoncé cette année la sortie de titres inédits pour Naoki Urasawa : Yawara et Atchoum.

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Asadora, de quoi ça parle ?

Alors que nous découvrons un Tokyo ravagé par les flammes en 2020, nous nous retrouvons projetés en 1959 aux côtés d’Asa, une fillette altruiste au fort caractère âgée de 12 ans. Quel lien existe-t-il entre 1959 et 2020 ? Nous l’ignorons encore. Ce qui est certain, c’est qu’un violent typhon s’apprête à ravager le port de Nagoya dans le passé…

Asadora est un projet que nourrit l’auteur depuis environ sept ans, un manga pensé dans un esprit feuilleton mêlant fantastique et suspense.

Mon avis…

J’ai lu des avis certifiant qu’il ne se passait rien dans ce premier volume… Je ne suis absolument pas d’accord !

Je trouve, au contraire, que le décor a été planté avec génie par le biais de ce premier tome, nous offrant une introduction particulièrement réussie et équilibrée. Naoki Urasawa parvient à intriguer le lecteur dès la première page en nous dévoilant un Tokyo en feu pour nous l’enlever directement sans explications après quelques planches, nous emmenant de force 69 ans en arrière. Un voyage curieux et incompréhensible qu’il se fera très probablement un plaisir de subtilement clarifier par la suite ; de quoi directement attiser la curiosité du lecteur, le pousser à se questionner et à émettre des hypothèses avant même le démarrage du récit. Cela dit, les nouveaux personnages découverts nous font vite perdre de vue cette intrigue.

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En effet, les personnages rencontrés en 1959 sont si bien présentés et développés dès le départ que le lecteur se laisse facilement entrainer dans leurs histoires et s’attache même à eux dès ce premier volume. Comment ne pas être ému par la rencontre incongrue entre Asa Asada et Haruo Kasuga ? Ce dernier, se retrouvant sans le sous à cause d’une injustice, pensait qu’en kidnappant la fille du médecin, la potentielle rançon lui permettrait de s’en sortir… Mais quiproquo il y a car c’est Asa, membre intrépide d’une fratrie nombreuse et modeste, qu’il enlève. Alors qu’ils discutent tous les deux, ils vont en venir à se confier l’un l’autre, à se dévoiler quant à leurs vies respectives, leurs craintes… Un échange qui va créer une certaine prise de conscience en eux. Ce dialogue, agrémenté de fragments du passé de Kasuga, est extrêmement riche et permet de rapidement cerner les deux protagonistes.

« La vérité, c’est que chez moi, personne n’a dû remarquer mon absence… »

Par la suite, à cause du typhon, Asa et Kasuga sont amenés à coopérer pour aider les habitants du port de Nagoya, exploitant les forces de chacun afin d’accomplir des miracles, de créer de l’espoir. De nombreux instants de complicité et d’émotions sont de la partie, pour définitivement terminer de solidement nous attacher à ces deux personnages.

« Je ne suis pas un voleur… Et je ne suis pas un kidnappeur non plus… »

Si Naoki Urasawa ne démarre pas l’intrigue qu’il annonce dès le départ, c’est pour prendre le temps de bien planter son décor et ses personnages, ce qu’il réussit avec Brio et naturel ! L’univers de son oeuvre s’annonce riche et dotée d’une grande profondeur. A la fin du tome, il présente un élément étrange et inattendu , idéal pour susciter l’intérêt du lecteur. Le suspense de la série est déjà bien ancré dès le le premier volume, une introduction véritablement intrigante.

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En ce qui concerne le coup de crayon, nous retrouvons le trait assuré de Naoki Urasawa, toujours aussi reconnaissable série après série, un dessin agréable, voguant entre réalisme et caricature, enjolivé par de nombreux traits apparents.

Côté édition, Kana nous offre un ouvrage souple et confortable en mains tout en nous proposant quelques pages couleurs sur fond de papier glacé. Je n’ai à déplorer que quelques défauts d’impression pour deux ou trois pages de mon tome personnel, certainement la faute à pas de chance.

Conclusion…

Un premier volume bien ficelé qui présente partiellement une intrigue des plus mystérieuses tout en plantant avec grand soin un décor réaliste et des personnages attachants. Naoki Urasawa prend le temps de bien nous présenter ses protagonistes avant de véritablement plonger dans le centre du sujet, et à raison ! De nombreuses inconnues nous tendent les bras, c’est peut-être intriguant voire effrayant… mais je sais que je peux faire confiance, les yeux fermés, à cet auteur. Je suis impatiente de découvrir dans quelle folle aventure il va nous embarquer cette fois-ci !

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