La Fillette au Drapeau Blanc

« Ecoute-moi bien, Tomiko… La chose la plus importante dans ce monde, c’est la vie humaine… c’est la vie… »

La fillette au drapeau blanc est un manga-témoignage qui narre la survie de Tomiko Higa, une petite fille alors âgée de six ans, au cœur des horreurs de la seconde guerre mondiale. Véritable témoignage du passé, ce one-shot se révèle être une vraie petite merveille, suscitant bien des émotions…

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La fillette au drapeau blanc, de quoi ça parle ?

Nous sommes en avril 1945, à Okinawa. Cette petite ile tropicale nippone semble épargnée par la guerre et la petite Tomiko y vit paisiblement avec sa famille. Malheureusement, sa vie bascule lorsque les bombardements commencent et que son père doit se rendre sur le front. Tomiko doit alors tout faire pour survivre dans ce nouvel univers sombre et terrifiant…

Mon avis…

La fillette au drapeau blanc est un manga qui m’a profondément émue. Je me suis directement attachée à la petite Tomiko avec qui j’ai partagé peines, espoirs et désespoirs… J’ai pleuré à trois reprises durant ma lecture et le simple fait de feuilleter l’ouvrage me donne encore les larmes aux yeux. Ce titre a la capacité de toucher et de sensibiliser son lecteur grâce à la mise en avant des sentiments et souvenirs de Tomiko, ses pensées et émotions sonnent d’autant plus justes grâce à la véracité de son histoire. En effet, le fait que ce récit soit un témoignage et que Tomiko existe réellement, ayant vraiment vécu tous les événements décrits il y a des dizaines d’années, amplifie l’impact émotionnel du lecteur. Bien que la seconde guerre mondiale soit terminée depuis soixante-cinq ans, elle continue à vivre à travers les survivants et leurs témoignages, elle continue à nous toucher, nous rappelant sans cesse ce que la guerre peut nous arracher, nous rappelant que nous ne voulons plus jamais de cela…

L’évolution psychologique de Tomiko est vraiment intéressante à suivre. Elle a à peine le temps de réaliser ce qui se passe qu’elle se retrouve directement confrontée à des cadavres, à des décès… La panique emporte très vite les citoyens et la gamine comprend rapidement que même les soldats japonais sont devenus ses ennemis… Elle choisit de suivre un conseil de son père : « N’imite pas les autres. Agis toujours en réfléchissant avec ta propre tête. » C’est ainsi que Tomiko va tenter de survivre à sa manière, en évitant de se faire remarquer. Elle échappe à la mort plusieurs fois, évoluant avec peine dans un monde devenu hostile.

Heureusement, tout n’est pas complètement noir. Si la fillette se laissera plusieurs fois allée au désespoir, allant presque jusqu’à souhaiter la mort, elle fera tout de même de belles rencontres qui lui redonneront courage et espoir ! Ce témoignage dénonce les atrocités de la guerre tout en nous offrant une lueur d’espoir. La guerre ne va pas durer, il faut survivre… Survivre jusqu’à ce que ça aille mieux.

L’autrice s’est réellement documentée et est même allée sur place pour observer les terriers dans lesquels les civils devaient se cacher. Elle a également marché sur l’itinéraire approximatif de Tomiko afin de pouvoir retranscrire avec justesse les sensations et les paysages vécus. D’ailleurs, Saya Miyauchi nous propose quelques planches racontant son expédition à Okinawa à la fin du manga, c’est vraiment intéressant, de quoi encore mieux imaginer les situations des citoyens de l’époque. De plus, elle utilise quelques photos de 1945 à la fin de son manga. Cette oeuvre est vraiment fascinante et très instructive, un témoignage de qualité !

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En ce qui concerne le coup de crayon, nous avons droit à un très beau trait, la différence entre les planches lumineuses aux tons joyeux et les planches sombres à l’effet crasseux se ressent fort et crée un véritable équilibre entre espoir et désespoir au sein de l’oeuvre. Les décors sont réalistes et fidèles à la réalité, en témoignent les recherches documentaires concrètes de l’autrice.

Côté édition, Akata nous offre un volume de bonne facture, de taille standard, plutôt agréable en mains.

Conclusion…

Si certains pensent qu’un one-shot est forcément moins abouti qu’une série, je leur conseille vivement de lire La fillette au drapeau blanc, un témoignage riche, un ascenseur émotionnel rempli de rebondissements. Ce one-shot n’a vraiment rien à envier aux séries longues d’autant plus qu’il s’agit d’un véritable petit trésor, un souvenir du passé à ne jamais oublier, une belle ôde à la paix ! C’est une pépite historique que je recommande à tous !

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