Act-Age Vol. 1-2

« Les gens qui ne sont pas dans la norme ont tout pour devenir des stars aux yeux du public ! »

Le milieu du théâtre et du cinéma est un univers qui m’intéresse et me parle énormément, ayant moi-même suivi des cours d’art dramatique pendant une dizaine d’années. J’aime beaucoup lire des mangas traitant de ce sujet. D’ailleurs, Ki-oon m’avait totalement charmée avec « Kasane, la voleuse de visage », un manga sombre et passionnant tournant autour du théâtre. Si « Act-Age » se montre très différent, porteur d’une ambiance beaucoup plus légère, il plante son décor à merveille lors de ses deux premiers tomes, nous préparant à une fulgurante ascension.

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Act-Age, de quoi ça parle ?

Depuis le décès de sa mère et la disparition de son père, Kei doit s’occuper de son frère et de sa sœur. La vie n’est pas facile tous les jours, elle doit cumuler les petits boulots en plus de se rendre au lycée pour pouvoir nourrir sa famille. Kei n’est pas comme tout le monde, incomprise, elle n’a aucun ami mais elle a un rêve : celui de devenir comédienne. Lors d’une audition, elle est repérée par un membre du jury, un talentueux réalisateur, qui décide de la prendre sous son aile et de lui apprendre le métier d’actrice, bien déterminé à polir le diamant brute qu’il vient de découvrir.

Mon avis…

J’ai très vite accroché à Act-Age grâce à son ambiance, à ses personnages et aux nombreux petits éléments prometteurs qui s’installent dès le départ.

Pour l’instant, l’atmosphère du manga se révèle très légère et rafraichissante. La vie de la protagoniste est assez dure mais la série ne s’annonce pas sombre pour autant… Du moins, pour l’instant. Les différents événements dont les castings, cours et scènes de tournage s’enchainent assez rapidement, c’est dynamique et cela devient très vite addictif. J’ai lu les deux premiers tomes d’une traite et la fin m’a frustrée car nous sommes coupés en plein milieu d’une scène de tournage qui s’annonçait assez imprévisible. Du coup, j’ai vraiment hâte de lire le troisième volume. Je trouve l’intrigue en elle-même assez simpliste mais il faut avouer que chaque « épreuve » que doit traverser l’héroïne dans le monde du cinéma est particulièrement prenante, notamment grâce au caractère imprévisible de Kei qui crée une curieuse tournure, une tournure qu’il est à chaque fois plaisant de découvrir. L’histoire d’Act-Age est donc assez simple, elle narre l’ascension d’une comédienne dans le cinéma, mais le tout est orchestré avec dynamisme, humour et légèreté, nous offrant une lecture fort agréable. Les scènes d’humour sont assez amusantes, j’ai particulièrement apprécié celle qui se basait sur une référence à Retour vers le futur, qui est ma saga de films préférée.

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J’ai lu quelques critiques négatives sur le personnage de Kei. Pourtant, je dois dire que je l’apprécie énormément, je ressens beaucoup d’empathie pour elle. C’est un Ovni. Elle est tellement étrange que personne n’ose lui parler à l’école. On ne comprend pas ce qu’elle dit, elle vit dans un monde à part, un monde où fiction et réalité se mélangent. Quand elle joue un rôle, elle entre en transe, oubliant presque que c’est irréel. C’est un prodige de la comédie, un prodige qui a toutefois encore bien des notions à apprendre pour atteindre le paroxysme de son talent. Mais Kei, c’est aussi quelqu’un d’incroyablement gentil qui accorde énormément d’importance à l’éthique. Elle aime ses proches et est prête à tout pour eux. Elle ne cherche pas la gloire, elle souhaite juste nourrir sa famille. Cette fille est atypique, elle ne rentre pas dans le moule de la société japonaise, elle n’est pas facile à comprendre mais j’aime son côté naïf et différent ainsi que ses comportements plutôt imprévisibles qui tiennent en haleine durant la lecture. J’ai hâte de découvrir son évolution.

Les autres personnages sont également très prometteurs. Le réalisateur aux allures très négligées qui prend Kei sous son aile est très talentueux mais peu connu dans son pays. Pour l’instant, nous comprenons qu’il voit en la jeune fille une perle qui l’aidera à réaliser son rêve dont nous ne connaissons aucun détail pour l’instant. Il entre en conflit avec la directrice d’une grosse agence de cinéma qui considère Kei comme un danger pour elle-même, elle est persuadée qu’elle finira malheureuse dans le monde du show-biz, qu’elle basculera dans la folie ; ce qui laisse présager qu’elle parle d’expérience, possède-t-elle la même capacité que Kei : le système stanislavski*. Le fils de la directrice joue le rôle d’un super héros dans une série populaire, il s’intéresse beaucoup à la protagoniste, sa manière de jouer l’intrigue énormément… Nous comprenons rapidement qu’il complexe vis-à-vis de sa mère qui choisit plus souvent de mettre « l’ange » en avant, le prodige qu’elle a formé, une actrice qui joue un rôle en permanence, la future rivale de Kei, à son détriment…

« Elle est jolie… Au point de captiver au premier regard… Pourtant, je ne vois pas son visage. »

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Kei fait également la connaissance d’un trio de personnages assez stéréotypés durant un casting où ils doivent réaliser une improvisation spécifique à quatre : la fille sérieuse et rationnelle qui a tout abandonné pour tenter sa chance au cinéma, le garçon peu souriant qui se croit meilleur que tout le monde et un autre garçon particulièrement sympathique et bruyant. Chacun se remet en question au contact de Kei et il est fort à parier qu’ils évolueront énormément à ses côtés.

Quelques éléments disséminés un peu partout dans ces deux premiers tomes laissent présager quelques futurs éléments scénaristiques intéressants à exploiter. Pourquoi le père de Kei est-il parti ? Va-t-il revenir accompagné de révélations ? Quel est le rêve du réalisateur ? Va-t-il laisser Kei plonger dans la folie pour l’atteindre ? Pourquoi la directrice de l’agence Stars est-elle aussi vivement opposée à l’entrée de Kei dans le monde du spectacle ? Pourquoi sa santé mentale l’intéresse tant alors qu’elle semble accorder une grande importance au rendement ? Son fils sera-t-il le « love interest » de la protagoniste ? Et comment évoluera sa relation avec sa mère ? Beaucoup de questions dont il me tarde de connaitre les réponses.

Le coup de crayon est très joli, c’est net et précis. Beaucoup de détails sont parfois visibles dans les yeux des personnages. Les yeux sont d’ailleurs particulièrement travaillés sur les couvertures, ils attirent directement le regard tant ils sont magnifiques. Quelques éléments iconiques du cinéma sont parfois utilisés comme arrière-plans ou pour créer des métaphores visuelles, le clin d’œil thématique est apprécié.

Du côté de l’édition, Ki-oon nous propose un format classique pourvu d’un papier de bonne qualité. L’effet rouge à lèvres pour le titre rend vraiment bien et les petites icônes thématiques utilisées pour mentionner le duo de dessinateur/scénariste est original et sympathique.

Conclusion…

Loin d’un récit sombre, sérieux et prise de tête ; Act-Age est plutôt une histoire dynamique, amusante et addictive. Les réactions imprévisibles de la protagoniste donnent beaucoup d’intérêt au manga, on se demande à chaque fois vers quoi la situation va dévier grâce à ses interventions. L’intrigue est simple mais efficace, elle nous offre plus d’exagération que de réalisme mais nous submerge malgré tout dans son univers. Une fois lancé, il est difficile de s’arrêter de lire. J’ai hâte d’en savoir davantage sur les différents personnages et, surtout, de connaitre la suite du tournage qui a été coupé à la fin du tome 2 ! Bref, un manga « détente » plutôt addictif !

* Le système stanislavski : nom donné à une technique d’interprétation selon laquelle le comédien va puiser dans ses propres expériences passées pour jouer une émotion.

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