Trait pour Trait, dessine et tais-toi ! Vol.1

« Notre modèle reste immobile, c’est génial pour dessiner !! C’est comme quand Son Goku et Krilin s’étaient entrainés avec une lourde carapace sur le dos !! »

Si vous avez déjà eu l’occasion de lire des interviews d’Akiko Higashimura, vous savez dans ce cas qu’il s’agit d’un véritable personnage décalé et haut en couleurs, un vrai phénomène ! Alors imaginez ce que peut donner une œuvre qui parle de sa vie ! Après avoir adoré Le Tigre des Neiges et Tokyo Tarareba Girls, je m’attaque à son manga autobiographique édité aux éditions Akata.

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Trait pour Trait, de quoi ça parle ?

Akiko a un rêve depuis toute petite : devenir mangaka et dessiner des shôjos. Dans sa tête, tout est déjà programmé. Elle est persuadée d’être un génie à qui tout réussira, que son rêve aboutira sans aucune difficulté. Cependant, lors de sa dernière année de lycée, elle intègre une petite école d’art dans laquelle un professeur sévère et étrange aux méthodes peu conventionnelles va bouleverser sa vie.

Mon avis…

Plus qu’un récit autobiographique, cette œuvre est pensée comme un véritable hommage offert par une élève à son professeur, une intension qui apporte une réelle valeur à ce manga. De plus, la dimension réelle du récit invite le lecteur à s’impliquer davantage dans l’intrigue que dans le cas d’une fiction. Savoir que les personnages existent et que les faits se sont réellement produits donne une certaine importance à cet ouvrage. Je me suis sentie invitée par la mangaka à venir découvrir un morceau de sa vie et à partager en partie la belle relation qu’elle entretenait avec son enseignant. Une expérience de lecture particulièrement plaisante et intime.

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Une certaine spontanéité se dégage également du titre. Akiko ne se contente pas de poser son passé sur papier, elle ne place pas le lecteur devant une vieille vidéo de famille, non, elle nous narre son histoire. Son récit est rythmé par un duo de temporalités. D’une part, nous découvrons la jeune Akiko avec ses projets de l’époque, ses pensées, ses réflexions…D’autre part, nous lisons également les remarques de l’autrice du « présent » qui raconte son histoire et réagit à ses comportements passés.

« La bière que tu m’as servie ce jour-là…Elle était si froide et amère que je n’ai pu en boire qu’une gorgée. Si je pouvais revenir à ce jour-là avec une machine à remonter le temps, tu peux être sûr que je la boirais d’une traite. Pas vrai, professeur ? »

On ressent de la part de l’autrice un sentiment de nostalgie, des regrets mais aussi beaucoup d’autodérision. En effet, elle critique et se moque beaucoup de son attitude de jeunesse. « Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait » (Henri Estienne). Elle n’hésite pas à mettre en avant les défauts de son « elle » du passé. En effet, la jeune Akiko semble assez arrogante et un peu trop sûre d’elle, elle choisit souvent la facilité tout en étant déconnectée de la réalité, des réels obstacles à son rêve. Cette ignorance et cette arrogance, l’autrice les critique beaucoup et regrette de ne pas s’être comportée autrement lors de certaines situations. Personne n’est parfait. Encore moins durant l’adolescence. Cette manière de ne rien idéaliser mais de vraiment se présenter telle qu’elle était, de s’ouvrir ainsi aux lecteurs donne une réelle authenticité à l’œuvre puisque, malgré tout, on s’attache à cette jeune Akiko, on se met à sa place, on parvient à la comprendre.

La narratrice s’adresse également beaucoup à son professeur. Une pointe de tristesse se laisse percevoir dans les mots qu’elle lui destine. De quoi présager de fortes émotions pour la suite de la série, terminée en 5 tomes au Japon. J’ai déjà les larmes aux yeux en relisant la dernière planche de ce premier tome tant les émotions qu’elle transmet à son enseignant sont fortes.

En dehors de l’aspect autobiographique et émotionnel, je dois également ajouter que ce manga est vraiment drôle. Les personnages, leurs échanges, les situations…ça fait sourire, ça fait rire, on ne s’ennuie pas. Ce premier tome est fluide et agréable à lire, l’intrigue est dynamique et nous transporte facilement avec elle.

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Côté dessin, la patte d’Akiko est toujours la même, mélangeant plusieurs styles, du simple, du caricatural, du poétique dans certains décors comme dans l’atelier du professeur que j’ai trouvé magnifique. Il y a, dans ce tome, beaucoup de textes, de schémas et de petites cases…Nous sommes dans la tête de l’autrice en même temps, c’est normal, on ressent vraiment son côté un peu hyperactif, c’est amusant !

Le manga est édité chez Akata, dans la collection Large. Passer d’un format « Lézard Noir » auquel nous sommes habitués pour Akiko Higashimura à un format classique est perturbant mais pas dérangeant. La prise en mains est agréable, le titre français est très bien choisi, c’est un très bel objet. J’apprécie très souvent les livres de chez Akata, je trouve qu’ils ont un réel souci du détail, oui, ils sont perfectionnistes et c’est ça qui est génial !

Conclusion…

Trait pour Trait Dessine et tais-toi est un manga qui est capable de transporter son lecteur grâce à sa dimension réelle et à son rythme dynamique. Les personnages sont drôles mais aussi attachants. L’autrice nous livre, dans son autobiographie, beaucoup de forts sentiments, de quoi nous émouvoir. Je le recommande à tous les passionnés de mangas et à tous ceux qui apprécient Akiko Higashimura. Pour ma part, je dirais qu’il s’agit de son titre que je préfère jusqu’à maintenant, j’ai adoré ce premier tome !

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