Android Type One Vol.1

« -…Je ne comprends pas pourquoi tu t’énerves comme ça…C’est juste une machine…

Peut-être…Mais... »

La robotique est un sujet qui m’a souvent attirée dans le manga. Chobits fait partie de mes premiers mangas. J’ai également adoré Gunnm et l’attachante Gally aux comportements particulièrement humains, j’ai été subjuguée par l’excellent Une brève histoire de Robo-Sapiens et son interprétation très intéressante de l’évolution des machines, je suis une grande fan de Je suis Shingo qui m’a donné des frissons avec le voyage d’une machine à la recherche de ceux qu’ils considèrent comme ses parents…J’aime les histoires de robots, elles développent souvent des réflexions et thématiques très intéressantes mais aussi, paradoxalement, très humaines que j’apprécie retrouver durant mes lectures.

Android Type One m’a directement fait de l’œil. Un design de robot moderne et scintillant qui interpelle, un synopsis proche de Chobits, un trait très agréable…Il fallait que je découvre cette nouvelle œuvre et je ne suis vraiment pas déçue.

Android Type One, de quoi ça parle ?

Dans un futur proche, les androïdes sont de plus en plus utilisés partout dans le monde. Il devient courant de retrouver des androïdes dans les foyers pour s’occuper des tâches ménagères, de la sécurité et de plein d’autres choses…Le protagoniste est tiré au sort dans un magasin et remporte un essai gratuit de 90 jours avec un nouveau modèle « Type One ». On découvre alors leur quotidien. En parallèle, une organisation qui défend les droits des robots enquête sur une androïde errante et dysfonctionnelle particulièrement dangereuse.

Mon avis…

Tout d’abord, je me sens obligée de faire une comparaison avec Chobits, une série assez similaire sur certains aspects. L’univers et le point de départ ressemblent en effet beaucoup à ceux de ce manga de CLAMP mais les ambiances sont très différentes. Android Type One semble plus sérieux et moins tiré par les cheveux avec un humour mieux dosé et naturel qui m’a souvent fait rire pendant ma lecture. De plus, pas de scènes érotiques dans ce manga et ça fait du bien car la surdose d’ecchi présente dans Chobits était, selon moi, son plus gros défaut. Les robots « Type One » ne sont pour l’instant pas sexualisés ni infantilisés comme c’était le cas pour Tchii qui se comportait comme une enfant et se retrouvait souvent nue. En fait, j’ai eu l’impression de lire une forme améliorée de Chobits, ce qui a rendu cette lecture particulièrement satisfaisante voire jouissive, j’avais besoin de l’exprimer car, bien que j’apprécie cette plus ancienne série, je n’avais jamais réussi à réellement digérer ses gros défauts…Cette lecture de Android Type One a donc provoqué en moi une sorte de sentiment libérateur.

Je clos ici cette comparaison pour m’intéresser à ce nouveau manga à part entière. Nous sommes directement balancés dans un univers où l’androïde est un peu notre smartphone d’aujourd’hui. Il existe depuis plusieurs décennies et a connu de nombreuses améliorations et nouveaux modèles, il est de plus en plus abordable financièrement, populaire et utilisé dans la société mais certaines personnes continuent à y être réfractaires à cause de ses nombreuses dérives, de la peur des nouvelles technologies, etc. Le protagoniste, Yûgo, est un employé de bureau qui vit dans cette société mais qui n’avait plus partagé son quotidien avec un androïde depuis son enfance. Ce n’est donc pas une totale découverte pour lui mais il est tout de même surpris par les nouveautés et améliorations qui ont été apportées depuis son robot d’enfance, un robot d’ailleurs auquel il repense très souvent, un des points les plus intéressant de cette introduction car on comprend entre les lignes qu’il avait des sentiments pour cet androïde.

En effet, malgré son côté détaché, le héros est ce qu’on appelle un « empathe », c’est-à-dire qu’il peut éprouver des sentiments pour des machines, de la colère si elles sont maltraitées par exemple. Une caractéristique qui est reconnue comme « inquiétante » par la société, Yûgo avait d’ailleurs dû prendre part à des tests psychologiques durant son enfance pour déterminer si la présence d’androïdes avait de mauvaises influences sur lui. C’est vraiment cette thématique que je trouve la plus intéressante dans ce manga. Est-ce normal de faire du mal à une machine, d’être violent avec elle parce qu’elle n’est pas humaine ? Est-ce anormal de s’attacher à une machine ? Des réflexions qui commencent déjà à se creuser dès le premier tome et qui semblent bien parties pour être encore davantage développées par la suite.

Yui, l’androïde, a un côté froid et attachant à la fois. Elle parle comme une machine mais a pas mal de conversation. Le passage où elle commence un monologue sur les insectes alors que Yûgo en a une phobie est vraiment drôle. Leur relation a quelque chose de chaleureux, sans doute parce qu’elle n’est pas considérée comme un objet. Cependant, ça reste très nuancé, à chaque fois que son comportement se rapproche de celui d’un être humain, il y a une explication concrète. Elle bouge en dormant pour éviter que sa peau en latex ne reste trop longtemps dans la même position, ce qui l’abime à long terme, par exemple. Nous avons droit à beaucoup d’explications techniques qui renforcent la richesse et la crédibilité de l’univers sans pour autant nous assommer ou nous ennuyer. C’est intéressant.

En parallèle du duo principal, nous suivons également un organisme qui se charge de retrouver les androïdes abandonnés et errants. C’est durant leurs missions, qu’une équipe va faire la rencontre d’un robot « Type One » non identifié, illégalement modifié qui semble très dangereux. Serait-ce le début d’une révolte des machines ? Ou bien y a-t-il un propriétaire derrière cette histoire ? Beaucoup de questions auxquelles j’ai hâte d’avoir des réponses.

Graphiquement, le titre a vraiment du charme. Le trait a un côté asymétrique que j’adore, il y a du relief et de la personnalité. On est loin du côté lisse et droit banal retrouvé un peu partout dans les œuvres récentes. Le découpage est varié, la majorité du manga est très grise, ce qui donne une ambiance très mélancolique. Puis, le robot de métal noir ressort particulièrement des pages avec le contraste.

L’édition d’Omaké est de bonne facture. Un format classique et un papier de bonne qualité, agréable en mains. Une couverture très proche de la japonaise et qui attire l’œil.

Conclusion…

Android Type One avait tout pour me plaire : une patte atypique, des thématiques qui me parlent, un univers riche et développé, des personnages intéressants et intrigants, un humour discret mais efficace, une touche de mélancolie…Ce premier tome m’a tellement conquise que je suis triste de savoir que la série se clôturera déjà avec son troisième volume. Je suis impatiente de lire la suite, vraiment. Ma nouveauté préférée pour l’instant depuis le début de l’année !

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