Fruits Basket : la semaine du Shôjo

Je remercie Club Shôjo de m’inviter une nouvelle fois à participer à sa semaine du Shôjo, c’est la troisième fois que je me prête à l’exercice et je dois avouer adorer ça !

En 2020, j’avais présenté « Love, Be loved leave, be left » d’Io Sakisaka en tant que bonne porte d’entrée pour un néophyte.

En 2021, J’avais mis en avant « Basara » de Yumi Tamura pour son côté « aventure épique » qui donne envie de voyager.

Pour cette année 2022, je dois vous présenter un personnage qui m’inspire, qui est un modèle pour moi et j’ai donc décidé d’écrire au sujet de Tohru Honda, de Fruits Basket.

Pourquoi Fruits Basket ? Pourquoi Tohru ?

Fruits Basket est mon tout premier Shôjo, c’est avec lui que j’ai grandi et traversé la dure période de l’adolescence. J’avais 13-14 ans à l’époque où j’ai commencé à lire ce manga. C’est une œuvre qui m’a profondément marquée et touchée, certains enseignements m’ont été utiles et m’ont guidée dans ma vie. Je repense souvent à certaines réflexions qui me paraissent d’une justesse folle et qui, encore aujourd’hui, m’apaisent par leur bienveillance. La série fait partie de mes indétrônables de cœur malgré les années et le nombre colossal de lectures enchainées depuis. Je n’avais jamais eu l’occasion de réellement écrire sur la série pour mon blog, je me suis dit que c’était le moment et l’instant. Grâce à sa récente nouvelle adaptation animée, on ne peut pas dire que Fruits Basket manque d’adeptes. Le manga n’a pas spécialement besoin de publicité mais j’ai tout de même envie d’affirmer ma passion pour celui-ci. Je précise que je n’ai pas encore visionné la totalité de la nouvelle adaptation animée car j’attends d’avoir le coffret de la saison 3 pour me jeter pleinement dedans, je ne me pencherai donc que sur le manga que j’ai d’ailleurs relu tant de fois que j’en ai mémorisé certaines répliques. A noter que j’ai également visionné plusieurs fois l’intégralité de la première adaptation animée pour son doublage français incroyable et son excellent humour même si elle ne reprend qu’une toute petite partie du manga et improvise une fin qui ne correspond pas à la suite de l’œuvre.

Bref, revenons aux personnages inspirants. Il y a beaucoup de personnages que j’aurais pu choisir pour répondre au thème de cette année. Des personnages comme Yona (Yona Princesse de l’Aube) et Sarasa (Basara), par exemple, qui se battent pour leurs convictions sont inspirants. De même, un personnage comme Chihaya (Chihayafuru) qui vit et se consacre à 100% pour sa passion l’est tout autant.

Cependant, quand je pense à mon modèle, c’est le sourire de Tohru que je vois s’illuminer dans ma tête, surpassant toutes les autres figures inspirantes. Vous voulez savoir pourquoi ? Avant de vous donner mes raisons, intéressons-nous au contenu de l’univers dans lequel elle évolue.

Fruits Basket, de quoi ça parle ?

Tohru n’a plus sa mère et se retrouve sans logement depuis que la maison de son grand-père est en travaux. La tente de fortune qu’elle avait installée dans les bois en attendant se retrouve malheureusement ensevelie suite à un glissement de terrain. Yuki Sôma, un élève très populaire de sa classe qu’elle connait peu mais qui vit à proximité avec son cousin un peu plus âgé, lui propose de l’héberger. Mis à part le fait que Tohru doit maintenant vivre entourée d’hommes, le problème est bien autre. En effet, la famille Sôma est hantée par les esprits des douze animaux du zodiaque chinois. Il leur arrive donc de troquer leur apparence humaine contre celle d’un animal… Un secret bien étrange dont il va falloir prendre soin ainsi que des enjeux bien plus sombres qu’il n’y parait…

Creusons plus loin !

Fruits Basket est un manga qui utilise un aspect fantastique comme contexte initial pour développer la plupart de ses personnages. Au début de l’intrigue, la malédiction est omniprésente, utilisée comme une sorte de jeu. A chaque fois, qu’un nouveau personnage de la famille Sôma entre en scène, le lecteur réfléchit avec Tohru à l’animal qui peut bien le hanter. En cela, les premiers tomes peuvent donner une impression de répétitivité avec quand même plus de 12 personnages à découvrir même si ce n’est pas toujours traité de la même manière, cela peut paraitre long, le récit prend son temps pour bien s’installer mais une fois que toutes les fondations sont solidement attachées, la série décolle et emporte le lecteur dans une intrigue bien plus mature qu’elle ne le laissait présager au départ.

Plus l’intrigue avance, moins le côté surnaturel « concret » (les transformations) est exploité pour laisser place à un traitement bien plus psychologique qui tourne autour de la malédiction, du lien que les maudits entretiennent à cause d’elle, de la souffrance qu’elle leur a apporté, de cette emprise pesante qu’elle a sur eux…Tohru sera une sorte de bouée de secours pour tous ces personnages, sa bienveillance les attirera hors des ténèbres dont ils se sentaient prisonniers. C’est un récit où beaucoup de personnages souffrent, la majorité a vécu des situations traumatisantes, des soucis familiaux complexes qui ont des impacts désastreux sur leurs états mentaux. On pourrait dire que la série est assez tire-larme, j’avoue que j’ai pleuré comme une madeleine, et ce à plusieurs reprises. L’intrigue enchaine les drames même s’il reste quand même de la place à de très beaux moments de complicités, des scènes émouvantes qui rendent foi en l’humanité ainsi qu’à une bonne petite dose d’humour.

Dans les scènes qui m’ont le plus marquées, on retrouve les confidences difficiles ou tendres et l’épanouissement de Yuki qui est probablement le personnage le plus développé de la série, le passage du décès de la mère de Tohru et le violent impact psychologique que cela engendre sur le personnage qui en est témoin, la torture infligée à Rin, une mère qui a préféré oublier son fils parce qu’elle le voyait comme un monstre, deux frères qui se réconcilient après s’être ignorés et détestés depuis toujours, une amitié qui nait entre deux garçons qui se jalousaient depuis leur enfance…L’attachement aux personnages est tel qu’il est difficile de ne pas se laisser emporter par toutes ces émotions, qu’elles soient négatives ou positives. Le message global de l’œuvre reste néanmoins très bienveillant, prônant la liberté et l’émancipation, clamant haut et fort que tout le monde peut se relever et continuer d’avancer malgré les épreuves, que tout le monde peut connaitre le bonheur après une tempête, peut surmonter la culpabilité, le manque ou la perte.

Le casting de Fruits basket est très vaste, on y retrouve énormément de personnages plutôt variés. Ce que je trouve fabuleux, c’est que la quantité ne joue pas en défaveur de la qualité. Certains personnages sont évidemment plus développés que d’autres mais pratiquement tous connaissent, malgré tout, une évolution marquante et un développement pertinent, cohérent. Cela offre un aspect très profond à l’œuvre, l’autrice ne se contente pas d’explorer ses personnages de manière superficielle, elle prend le temps de les creuser petit à petit, elle ne dévoile pas tous leurs secrets dès le départ mais prend le temps de surprendre le lecteur en lui permettant de changer de point de vue au sujet d’un personnage en cours de route, à travers une évolution plaisante ou une facette cachée intéressante qui finit par être dévoilée. Le chef de la famille Sôma, par exemple, qui est détesté durant une grosse partie de la série, peut devenir attendrissant et attachant une fois que son passé et ses sentiments sont mieux compris des lecteurs et qu’il se met également à évoluer de manière positive. Puis, il y a Tohru…

Tohru, mon modèle ?

J’ai vu passer tellement de critiques au sujet de Tohru : « Elle est trop niaise ! », « Elle reflète l’image de la femme soumise au patriarcat ! », « Elle n’est pas intéressante ! »… Evidemment, je ne suis absolument pas d’accord avec ces avis, ça me fait même assez mal au cœur au point où je me demande si nous avons lu la même œuvre.

Tohru n’a pas toujours eu la vie facile. L’union de ses parents n’était pas approuvée par leur famille, la gamine n’a jamais réellement été acceptée par celle-ci et a même dû entendre des propos traumatisants à son sujet lors de rassemblements familiaux alors qu’elle n’était encore qu’une enfant. Son père meurt de maladie alors qu’elle est très jeune et, voyant que sa mère vit très mal sa disparition, elle décide de « prendre la place de son père ». C’est ainsi qu’elle forge sa personnalité, en puisant dans les souvenirs qu’elle a gardés de celui-ci, elle commence à parler comme lui, à se comporter comme lui, à être aussi prévenant que lui… De cette façon, elle veut également prouver à la famille de son père qu’elle est bel et bien sa fille biologique même si elle ne lui ressemble peut-être pas physiquement. Elle fait également le ménage et la cuisine pour aider sa mère qui travaille comme une folle pour subvenir à leurs besoins, elles entretiennent une relation fusionnelle maternelle jusqu’à ce que sa mère meure subitement dans un accident de voiture tandis que Tohru est au lycée.

Elle est, selon moi, extrêmement courageuse. Elle se retrouve orpheline alors que sa mère lui offrait énormément d’amour, elle perd cette relation unique et pourtant, elle ne baisse pas les bras. En fait, quoi qu’il se passe de désagréable, même si cela la rend triste, elle ne se morfond pas, elle n’abandonne jamais. Sa mère n’est plus là ? Il faut continuer à avancer et sourire à la vie ! Ses amis sont tristes ? Elle doit trouver une solution pour leur remonter le moral ! Le chef de la famille Sôma veut enfermer Kyô dans un pavillon après le lycée ? Elle doit se démener pour briser la malédiction et le sauver ! Tohru est quelqu’un d’extrêmement gentil et de lumineux, elle est désintéressée et pense au bien-être de ses proches avant le sien, ce qui la dessert parfois. Tout au long de la série, elle va découvrir la famille Sôma et y entrer en voulant les aider, elle va se créer un noyau solide avec des proches qui se préoccupent tout autant d’elle qu’elle ne se préoccupe des autres, ces personnes vont l’aider à se relâcher parfois, à oser craquer, à oser devenir parfois un peu égoïste.

Elle avait déjà deux amies très proches autour d’elle depuis le collège qui sont toujours là pour elle et qui connaissent également de très bons développements tout au long de la série. L’une est une ex délinquante, l’autre effraie ses camarades avec ses airs de sorcière. Il s’agit d’un trio qui claque et qui continue de fasciner le lecteur tout au long de la série. C’est typiquement la profonde amitié dont tout le monde rêve.

Tohru est peut-être douée pour les tâches ménagères et la cuisine mais cela ne fait pas d’elle une femme soumise pour autant. Elle est autonome et fait ses propres choix, elle ne reste pas passive et n’obéit pas spécialement aux hommes de la maison. Tohru aime faire plaisir, aime s’ouvrir aux autres, aime aider les autres. Elle trouve souvent les mots justes, des mots guérisseurs…Pour beaucoup de personnages, elle est perçue comme la mère ou la sœur qu’ils auraient aimé avoir. Sa bonne humeur et son sourire sont contagieux, elle attire les autres parce qu’elle s’ouvre à eux avec sincérité et s’intéresse à eux sans rien attendre en retour. Elle sème la bienveillance partout où elle passe. Elle n’est pas niaise…elle est humaine, adorable, gentille, parfois maladroite et naïve. Elle cherche le bon en chacun. Elle n’est pas parfaite, elle a ses défauts, comme tout le monde, mais elle est profondément altruiste, ouverte d’esprit, elle revendique de magnifiques valeurs. J’admire les personnes comme elle.

L’autrice expliquait à la fin de son manga que Tohru était, selon elle, sa plus belle création et je la comprends. Ce personnage est un soleil, un petit trésor à chérir. Durant toute mon adolescence, j’ai eu envie d’être comme elle car sa bienveillance et sa sincérité m’ont toujours inspirée. Aujourd’hui encore il m’arrive de me demander dans x situation : « Qu’est-ce que Tohru dirait à ce moment-là ? Qu’est-ce qu’elle ferait pour rendre cette personne heureuse ? »

Tohru continuera toujours à vivre en moi car c’est mon modèle, tout simplement.

Elle n’est pas « badass », elle n’est pas spécialement classe ou puissante…mais c’est une héroïne du quotidien, un oasis pour les âmes en peine qui utilise des mots et des actes banals comme outils du bonheur.

Les autres participants ?

2 thoughts on “Fruits Basket : la semaine du Shôjo

  1. Je te rejoins totalement sur la force aussi des personnages du quotidien. Je n’ai pas cité Tohru pour ma part, préférant parler de sa mère dont le courage en tant que femme et mère m’a encore plus touchée, surtout qu’elle participe grandement quand même à celle que sera Tohru ><
    Et je n'ai pas résisté non plus à parler de Sarasa <3
    Bref, très joli choix !

    1. Merci pour ton commentaire !
      La mère de Tohru est aussi un personnage particulièrement fort et admirable. J’étais d’ailleurs triste de ne pouvoir la voir que dans des flashbacks, dans des souvenirs…Quand je serai maman, j’espère pouvoir donner autant d’amour à mes enfants qu’elle ne l’a fait avec Tohru ! <3
      Et Sarasa est un personnage inoubliable, il fallait au moins que je la cite. Comme j'avais déjà beaucoup parlé d'elle pour l'article de l'an dernier, je ne me suis pas attardée dessus par contre.

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